Intervention du Président de la République sur la défense : L'heure du non choix a une fois encore sonné

Publié le 24 Mai 2013

Pour Hervé Morin, ancien Ministre de la Défense, Président du Conseil National de l'UDI, l'évolution de la situation géopolitique mondiale et les contraintes budgétaires de réduction des dépenses publiques qu'imposent aujourd'hui la situation économique de notre pays imposaient plus que jamais au Président de la République de définir la défense de demain, en s'appuyant sur une nouvelle vision stratégique globale cohérente avec nos ambitions, nos priorités géographiques, et nos capacités de financement. Dessiner cette nouvelle cohérence était la seule chance de conserver dans un avenir proche notre indépendance, notre capacité d'intervention et la place qui est la notre sur la scène internationale.

Notre armée a largement contribué, depuis plusieurs années, à l'effort de réduction budgétaire nationale. Elle attendait aujourd'hui de François Hollande non pas de simples comptes d'apothicaires, mais bel et bien la définition d'une vision stratégique globale qui demande des choix clairs : quelle défense pour demain, quels financements, quelles alliances, quelles priorités entre la capacité de mobilisation de nos troupes d'intervention et la préservation de nos capacités de dissuasion nucléaire?

Autant de questions cruciales qui restent sans réponse. François Hollande s'est livré ce matin à un exercice qu'il maîtrise parfaitement : parler sans rien trancher, évoquer sans rien décider. L'heure du non choix a encore une fois sonné. C'est exactement l'inverse de ce à quoi nos armées étaient en droit d'attendre : en restant dans le flou sur les priorités qui seront les siennes en matière de défense pour les 4 ans qui viennent, François hollande croit tout préserver, la dissuasion, l'aéromobilité, l'alerte avancée, la lutte contre les cyber-attaques, le renseignement, l'observation... Mais qui peut encore croire que la France puisse maintenir ses deux composantes nucléaires sans que cela ne se fasse au détriment des forces conventionnelles? A tout vouloir garder, François Hollande risque surtout de tout perdre. Et une fois encore, c'est la France, au final, qui perdra.

Pour une force expéditionnaire autonome :

Les questions restent donc entières : comment le Gouvernement compte-t-il financer notre armée? Quel est l'avenir de notre capacité de dissuasion nucléaire? Si la France veut avoir une chance de conserver sa place, il est urgent que le Gouvernement s'engage enfin sur des choix clairs, avec les financements adéquats identifiés. Sinon, comme en matière économique, la France perdra petit à petit l'aura qui est la sienne sur la scène internationale.
Alors que nos interventions en Libye, puis au Mali, ont montré des trous capacitaires importants imposant le recours à nos alliés, notamment aux américains, François Hollande va procéder à une réduction homothétique et mécanique de nos forces. Il aurait fallu au contraire construire un modèle dans lequel la France se serait dotée d'une force expéditionnaire ayant une autonomie stratégique complète. Avec les non-choix de François Hollande, nos armées décrochent, et nous serons obligés de faire de plus en plus appel aux autres à chacune de nos interventions.

Rédigé par Section UDI Asnières sur Seine

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