Yves Jégo : « L'UDI ne doit pas renoncer à son indépendance en Île-de-France »

Publié le 21 Avril 2015

Le député de Seine-et-Marne, premier vice-président de l'UDI, estime que la présence de deux listes de droite et du centre aux régionales de décembre dans la région capitale apporterait « un renfort » au second tour à la chef de file de l'UMP, Valérie Pécresse. Il répond ainsi au député centriste Maurice Leroy qui avait souhaité le retrait de Chantal Jouanno.

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LE FIGARO.- Pourquoi faut-il deux listes de droite au premier tour en Île de France?

Yves JÉGO. - Je regrette que dans un scrutin proportionnel à deux tours, l'UDI et son partenaire naturel, le MoDem, n'affirment pas plus leur indépendance, partout en France. En Île-de-France, je suis persuadé que si le MoDem nous rejoignait, nous pourrions être le renfort dont Valérie Pécresse aura besoin au second tour. Sinon, la droite se retrouvera sans réserve de voix au soir du premier tour.

Comment ferez-vous si le PS parvient in fine à faire liste commune avec les Verts dès le premier tour?

Il faut effectivement mesurer le rapport de forces avant de décider de la stratégie de premier tour. Ce que je regrette, c'est que certains, à l'UDI, aient déjà conclu qu'il fallait renoncer à notre indépendance dès le premier tour. Pourtant, sur des sujets aussi sensibles que l'environnement et le «vivre ensemble», notre projet est différent de celui de l'UMP. C'est l'addition de ces différences, au bon moment, qui pourra engendrer la victoire.

Dans un sondage Ifop Fiducial pour Paris Match, la liste de Valérie Pécresse est créditée de 26 % des voix, et celle de Chantal Jouanno de 6 % seulement. Ne faut-il pas en tirer la leçon?

Mon regret, c'est que le MoDem, avec lequel nous avions fait alliance aux élections européennes de 2014, refuse aujourd'hui de renouveler cet accord qui nous aurait permis de passer la barre des 10 % dès le premier tour. Chacun est mis face à ses responsabilités. Plaider pour l'indépendance du centre comme le fait François Bayrou, c'est bien. Mais ne pas incarner cette indépendance quand c'est possible me paraît être une erreur. En Île-de-France, il est paradoxal que le MoDem semble préférer Nicolas Sarkozy à Chantal Jouanno!

Que pensez-vous du changement de nom de l'UMP qui devrait s'appeler «les Républicains»?

Je constate que l'UMP va changer de nom, que Manuel Valls a aussi proposé que le PS change de nom et qu'il y a aussi des voix qui s'élèvent au Front national pour un changement de nom. Quand on ne sait plus comment on s'appelle, on ne sait plus qui on est. Ce débat de marketing politique est peut-être révélateur du vide de la pensée politique.

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