Jean-Christophe Lagarde: "Il faut rétablir l’autorité de l’Etat dans notre pays...

Publié le 23 Février 2015

Jean-Christophe Lagarde: "Il faut rétablir l’autorité de l’Etat dans notre pays, sortir de cette mauvaise habitude qui a été prise depuis quelques décennies, de laisser l’individu s’imposer face au groupe"

Interview de Jean- Christophe Lagarde avec Atlantico.fr

La loi Macron a été passée en force, la motion de censure a été rejetée : quel bilan retirez-vous de cette semaine ?

La Loi Macron avait vocation à dynamiser l’économie française, mais elle n’a fait que dynamiter la majorité. François Hollande avait obtenu une large majorité parlementaire, et en 2 ans et demi il l’a perdue. Il a d’abord perdu les communistes, puis les écologistes, et désormais une partie des socialistes. Au-delà de l’amateurisme qui l’oblige à convoquer en catastrophe un conseil des ministres pour avoir recours au 49-3, il est inquiétant de voir que sans majorité le gouvernement ne sera pas capable de réformer davantage. Il a décidé d’utiliser son unique joker pour une loi limitée, et il ne pourra plus l’utiliser pour une réforme plus significative.

Pourtant, une vraie révolution économique est nécessaire, il est indispensable d’aller plus loin, de mettre en place un contrat de travail unique avec des droits progressifs pour les salariés, d’instaurer un système de retraite unique, de lever les seuils sociaux comme l’avait d’ailleurs évoqué François Rebsamen… Nous nous trouvons dans une situation où le gouvernement n’a plus les moyens de réformer, mais où le pays n’a pas non plus les moyens de rester paralysé.


Vous parlez d’amateurisme. Est-ce François Hollande que vous désignez, Manuel Valls ou l’ensemble de la majorité ?


C’est l’exécutif dans son ensemble qui pose problème. Bien que les choses aillent mieux depuis que Manuel Valls est aux commandes, les socialistes n’en sont malheureusement pas à leur coup d’essai en matière d’amateurisme. Le fait de convoquer en urgence un Conseil des ministres à 13 heures le jour du vote de la Loi relève de l’improvisation la plus totale. Nous n’avons pas le sentiment que le gouvernement est en capacité de prévoir l’avenir correctement.

7 députés UDI n’ont pas voté la motion de censure. Est-ce le signe que l’UDI, après l’élection interne conflictuelle qui vous avait opposé à Jean-Christophe Fromantin, est encore en proie à des divisions ?

Absolument pas, il s’agit essentiellement de députés outremarins qui, par nature, doivent entretenir de bonnes relations avec le gouvernement. Jean-Christophe Fromantin quant à lui a régulièrement des raisonnements ou des prises de position solitaires.

Dans la perspective des départementales et des régionales, vous avez dit souhaiter la plus grande union entre l’UDI et l’UMP. Lors de l’inauguration du siège départemental à Mâcon, vous avec évoqué des problèmes que l'UMP doit régler. Quels sont-ils ?


Ce n’était qu’un problème local. Sur les élections départementales, dans 85% des cas, il y a des candidatures communes UDI-UMP, facilitées par les binômes qui permettent de trouver des équilibres politiques satisfaisants. Je souhaite, et l’UDI aussi, parvenir à un maximum d’alternances : puisque le pays est bloqué au sommet, il faut le faire redémarrer à la base. Il faut engager des politiques territoriales qui auront le mérite de concerner le quotidien des Français. Gérer le RSA, ce n’est pas la même chose selon que l’on est socialiste ou centriste : plus que donner un chèque pour faire survivre les gens, la priorité doit être de les aider à reconstruire une vie autonome.


Cependant, comment faire coexister dans une même majorité des gens dont on voit bien qu’ils sont de plus en plus éloignés, tant au niveau européen, économique que sociétal ?


Je crois sincèrement aux coalitions. S’il n’y avait pas de différence de vision politique nous ne formerions qu’un seul parti. Il faut additionner les différences et faire des compromis, comme la gauche entre les socialistes, les verts et les radicaux. Les théoriciens qui souhaitent absolument faire un parti unique se trompent : c’est ce qui s’est passé entre 2002 et 2012, où nous avons perdu toutes les élections, les présidentielles de 2007 mises à part. Un parti unique revient finalement à s’auto-rétrécir, et in fine, perdre les élections. Si les socialistes réussissent à gérer des territoires avec les communistes, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire de même entre droite et centre?

Le fait que beaucoup de sympathisants UMP ne soient pas contre des alliances avec le FN au plan local constitue tout de même une réalité…

C’est la ligne rouge. Si l’UMP décide de faire alliance avec le FN, au niveau local ou national, il n’y a plus d’alliance possible avec nous. Mais je ne suis pas inquiet, Nicolas Sarkozy a été très clair sur le sort de ceux qui seraient tentés par de tels rapprochements.

Le Front national sortirait en tête du 1er tour des élections départementales de fin mars, avec 29 % contre conte 27 % pour l’UMP-UDI, et 21% pour le PS selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio. La vague bleue, ce n’est pas pour maintenant ?

Comme à chaque fois que la gauche est au pouvoir, le pays souffre, et une partie des gens en souffrance ou dans la crainte se tournent vers les extrêmes pour se donner le sentiment de crier plus fort. Or on sait bien que l’extrême droite n’aura pas de majorité au niveau des départements. Voter pour le FN revient donc à donner ses chances à la majorité de gauche sortante. Depuis François Mitterrand, la gauche et le FN se servent l’un et l’autre. Au second tour de 2012 Mme Le Pen a bien appelé à voter contre Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire pour François Hollande… Il est donc étonnant aujourd’hui de la voir se plaindre de la politique de gauche qui est menée.

Comment faire pour jouer votre rôle d’opposition constructive sans prêter le flanc à la critique traditionnelle du FN, qui vous range dans le sac « UMPS » ?

La rhétorique selon laquelle l’UMP, l’UDI et le PS formeraient une entité homogène est une absurdité. Il y a deux attitudes possibles face à l’extrême droite : la résignation, ou le combat idéologique. L’UDI choisit le combat. Il est important de rappeler pourquoi le Front National n’est pas un parti républicain : la République, c’est le mérite, ce que l’on fait, et non ce que vous êtes - vos origines par exemple. Quand Lassana Bathily a eu le courage et le réflexe de sauver des vies lors de la prise d’otages de l’Hypercasher, oui, il est normal de lui offrir la naturalisation. C’est cela la République : juger les gens sur ce qu’ils font, et pas ce qu’ils sont. Or tout le programme du FN a intégré la dimension de la préférence nationale. Ce n’est donc pas un parti républicain. Mais il faut aussi attaquer les points programmatiques du Front national : sur la sortie de l’euro, même Alexis Tsipras, de la gauche radicale, allié à l’extrême droite dans son pays, ne demande plus à en sortir, car il a conscience de la catastrophe que cela pourrait représenter pour son pays. Un parti qui mise sur un salaire pour les femmes au foyer pour régler le problème du chômage ? C’est une vision de la société que je ne partage pas. Un parti qui propose un départ à la retraite à 60 ans ? Même les socialistes n’osent plus cette démagogie ! Il est nécessaire de rentrer dans un combat intransigeant pour montrer l’absurdité du programme FN, qui est conçu comme le réceptacle de toutes les frustrations françaises.

Pourtant lorsque l’UDI se dit en faveur de la loi Macron, c’est l’occasion rêvée pour le FN de continuer de désigner un « système », non ?

L’UDI n’a jamais dit être en faveur de la loi Macron. Par ailleurs, dire que des gens aussi éloignés que Nicolas Sarkozy et Arnaud Montebourg s’accordent sur les mêmes politiques, voilà une belle fumisterie. D’ailleurs, s’ils étaient aussi proches, pourquoi ne se seraient-ils pas entendus à un moment donné ? De même, je réfute le terme de Front républicain, car il n’est pas question de gouverner avec la gauche ! En revanche, entre deux mauvais choix, je fais celui du « moins pire ».

Quel projet l’UDI doit-elle déployer pour 2017 ?

J’identifie quatre axes : le fédéralisme, l’autorité de l’Etat, la révolution économique, et l’humanisme.

La France doit devenir un pays fédéraliste dans son organisation interne, pour s’adapter aux différences qui existent entre les différentes régions. Il est hallucinant que dans le cadre de la loi Macron ait eu lieu un débat pour définir rue par rue où les commerces pourraient être ouvert tous les dimanches ! La même règle ne peut s’appliquer partout, c’est pourquoi il faut décentraliser le pays, pour mieux responsabiliser. Nous en avons besoin, de la même manière que nous avons besoin d’une Europe fédérale organisée autour du noyau de la zone euro, dont la Grèce devrait sortir par ailleurs, qui permette de protéger nos modes de vie et nos intérêts face aux grands ensembles mondiaux que sont les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie…

Il faut rétablir l’autorité de l’Etat dans notre pays, sortir de cette mauvaise habitude qui a été prise depuis quelques décennies, de laisser l’individu s’imposer face au groupe. Or l’individu a des droits face au groupe, mais c’est l’Etat qui s’impose à l’individu, pour permettre de vivre ensemble. C’est aussi vrai dans la vie éducative, sociale et économique que dans la vie religieuse. Ce n’est pas l’Etat qui s’adapte aux religions ; c’est l’inverse.

Nous avons besoin d’une révolution économique. Depuis 40 ans nous ne vivons pas une crise, mais un refus de la société politique et civile de s’adapter au monde d’aujourd’hui. Pour se protéger du monde nouveau et éviter de transformer notre façon de gérer l’économie et le social nous inventons toujours plus de lois et d’impôts. En réalité nous nous étranglons, et nous sommes en train de couler. Je pense même que sur ce sujet une majorité de Français est en avance sur les responsables politiques. La France est davantage disposée aux transformations nécessaires que ses responsables politiques, qui au lieu de vouloir orienter le peuple français ont fini par en avoir peur.

Face aux montées de violence et d’intolérance dans notre société, il nous faut rétablir les valeurs de l’humanisme, et là aussi montrer que la réussite d’un individu ne peut se faire au détriment du groupe auquel il appartient. Sa réussite individuelle n’a de sens que si elle contribue à nous permettre de faire société ensemble. Sinon, nous nous retrouverions dans une société de type anglo-saxonne, qui en France ne me paraît pas tenable.

Seulement 58% des sympathisants de l'UDI s'estimeraient « au centre » (sondage IFOP octobre 2014). Selon un autre sondage de 2013, 41 % d’entre eux étaient favorables au mariage homosexuel et à l’adoption par les ces mêmes couples, et 73 % adhèrent à l’assertion « Il y a trop d’immigrés en France. » Pour ne pas se déconnecter de son électorat, l’UDI doit-elle assumer un peu plus ses racines de droite ?

Le rôle d’un responsable politique n’est pas de suivre l’opinion mais de l’éclairer et de la guider. Je ne pense pas que les sympathisants UDI soient aussi à droite que vous semblez le dire. Notre famille politique est traversée par des avis très partagés sur les sujets de société. En revanche, elle est unanime sur la nécessité de libérer les énergies de la société française, ce qui pour moi relève plus du progressisme que du conservatisme ambiant que nous subissons depuis plus de 40 ans. On prétend que le progrès est de gauche, mais moi je dis simplement que l’UDI est progressiste, en ce sens qu’elle cherche à nous adapter au monde d’aujourd’hui. Car si nous n’évoluons pas, ce qui nous pend au nez, c’est une révolution. Celle-ci sera soit conservatrice, voire fasciste, soit démocratique.

En outre, la sensibilité au développement durable est importante chez nous, et ce n’est pas spécifiquement de droite.

La question posée dans le sondage sur les immigrés, « est-ce qu’il y en a trop », est biaisée en ce qu’elle n’appelle pas de réponse subtile. Si on demandait : « l’intégration est-elle réussie », ou « de quelle manière faut-il intégrer », les réponses seraient bien plus mesurées.

Les électeurs de l’UDI, derrière une modération de forme, ne sont pas proches des électeurs UMP selon vous ?

L’UDI est un parti du centre et du centre droit, allié à la droite et qui comme l’UDF fédère des centristes et des gens de droite, et même des personnes issues de la gauche moderne, comme Jean-Marie Bockel. D’autres comme Jean-Christophe Fromantin sont très à droite. Vous verrez par exemple que plusieurs élus de gauche sont en train de nous rejoindre, tout comme nombre des déçus de François Hollande.

Comment l’UDI se positionne-t-elle par rapport à Alain Juppé, dont on sait qu’il a tendance à prendre toute la place au centre droit ?

Alain Juppé est-il fédéraliste ? Se prononce-t-il pour une révolution économique ? Il est incontestablement pour l’autorité de l’Etat, mais c’est insuffisant pour incarner le centre. Et je pense qui si vous lui demandiez s’il est centriste, il vous dirait lui-même qu’il ne l’est pas.

Le label « centriste » qui lui est accolé depuis plusieurs mois maintenant serait usurpé ?

Cela fait 29 ans que je milite dans ma famille centriste, et autant de temps que j’entends des journalistes attribuer le label centriste à des gens qui ne le sont pas : Dominique de Villepin a été qualifié de centriste, à un moment. Et de manière générale, cela déplaît aux personnes concernées, car cela leur nuit. Je ne suis donc pas certain qu’Alain Juppé ait très envie d’être qualifié de centriste. C’est logique puisqu’il ne l’est pas. Alain Juppé est l’un des derniers à être authentiquement gaulliste. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas compatible avec le centre, mais de là à dire qu’il est au centre…

Craignez-vous de ne pas être en mesure de présenter un candidat à la présidentielle ?

Je souhaite que l’UDI présente un candidat à l’élection présidentielle. Nous en déciderons lors d’un congrès au printemps 2016. Pour l’instant la question ne se pose absolument pas. Notre pays est animé par une folie permanente autour de l’élection présidentielle. Celle-ci aura lieu dans plus de deux ans, et pourtant cela fait déjà un an qu’une partie de la classe politique et des commentateurs ne parlent que de ça. D’ici là deux élections locales vont avoir lieu, et je pense qu’à terme le paysage politique français peut se trouver bouleversé. Penser à la présidentielle deux ans après la précédente est aussi maladif que nuisible pour le pays. Les Français n’ont que faire des ambitions présidentielles d’Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, de Marine Le Pen ou de bien d’autres.

Vous dites que la Grèce devrait sortir de l’euro. Est-ce la seule solution ?

Je pense cela pour la raison très simple que l’Europe n’est pas une prison. C’est une construction dans laquelle des peuples viennent volontairement prendre des engagements réciproques. Dans l’éventualité où la Grèce respecte ses engagements, nous pouvons l’y aider en réduisant les taux d’intérêt et en allongeant la durée de remboursement. Mais en aucun cas nous ne pouvons accepter un effacement de la dette et que par ce biais le pays se dispense de construire une administration fiscale et un cadastre dignes de ce nom, d’imposer l’Eglise et les armateurs, etc. La Grèce ne s’est jamais donné les moyens d’avoir des recettes. Alexis Tsipras doit donc respecter les engagements de la Grèce, sans qu’on lui donne six mois de plus comme il l’a demandé vendredi matin. Cela reviendrait pour lui à reconnaître qu’il s’est fait élire sur une imposture – la même que proposent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon chez nous – donc s’il veut aller au bout de son raisonnement, il doit pouvoir faire sortir son pays de la zone euro. Car la zone euro ne peut pas être prise en otage par le choix d’un peuple qui a pris des engagements et ne les respecterait pas. Aujourd’hui la Grèce doit 47 milliards à la France, soit 700 euros environ par Français.

C’est facile à dire, mais est-ce aussi simple que ça en a l’air ?

Je pense que si la Grèce reste, ce sera bien pire pour elle comme pour nous. Valéry Giscard d’Estaing pense comme nous. La Grèce n’aurait jamais dû entrer dans la zone euro. Lionel Jospin et Jacques Chirac ont commis une grave faute en acceptant la Grèce, qui n’en avait pas les moyens, n’en remplissait pas les critères. Moi qui suis un fédéraliste européen, je m’inscris contre cet élargissement permanent de tous les cercles européens. Il faut que ceux qui sont prêts à respecter les règles du jeu puissent le faire ensemble et aller plus loin au sein de la zone Euro. Que ceux qui ne souhaitent qu’un vaste marché économique restent en dehors. La zone euro doit être l’embryon d’un gouvernement fédéral, avec une stratégie monétaire, industrielle, commerciale et énergétique commune. Il nous faut une police fédérale et des garde-côtes fédéraux qui protègent nos frontières et nous aident ainsi à lutter contre la criminalité internationale et le terrorisme. Nous ne pouvons pas rester au milieu du gué comme c’est le cas aujourd’hui. Et c’est justement parce que nous sommes fédéralistes que nous disons à la Grèce que si elle ne veut pas jouer le jeu, elle est libre de partir. Tôt ou tard, si la Grèce ne fait rien, elle fera de toute façon défaut.

L’esprit du 11 janvier est encore invoqué par le gouvernement. La réponse politique a-t-elle été à la hauteur des attentes des Français, notamment en ce qui concerne la question du lien social et de la place de l’islam en France ?

Je ne le crois pas. François Hollande avait dit vouloir travailler avec toutes les forces politiques pour répondre à la guerre qui nous est menée par des barbares, dont Daech est le grand représentant aujourd’hui, mais pour l’instant ce travail n’a même pas été amorcé. Le président de la République et le Premier ministre ont multiplié les déclarations solitaires, les conférences de presse, mais aucune initiative n’a été prise pour avoir un diagnostic partagé et ensuite une politique globale de lutte contre la barbarie. Le Président commet une faute grave, car il fait la guerre sans armer moralement la nation.

En outre, nous entendons régulièrement chez Manuel Valls la volonté d’utiliser politiquement les événements de janvier. Lorsqu’il mélange cyniquement le terrorisme et la loi Macron sur France 2 pour rappeler à l’ordre ses troupes, il nuit au rassemblement qui serait nécessaire non pas sur les lois économiques, sociales ou éducatives, sur lesquelles nous avons nos différences, mais sur les valeurs de la République. L’exécutif s’est contenté de surfer sur l’indignation des Français. Mais ce que je regrette surtout, je le répète, c’est l’absence de réarmement moral de notre pays. Pourquoi sommes-nous une cible ? Parce que nous avons des valeurs de liberté et de laïcité. Les valeurs qui se rattachent à cette dernière sont uniques au monde, elles affirment que la chacun a la liberté de croire et de pratiquer son culte en toute sécurité, sans pour autant pouvoir l’imposer à un autre. Aux yeux des barbares, cela est totalement détestable, parce que leur objectif est de changer nos modes de vie en niant que la loi de la République s’impose aux règles religieuses.

Cependant l’importance de la laïcité a été abordée à grand renfort de discours...

Il nous faut un vrai débat sur la laïcité, car tout le monde y met des choses différentes. Il reste encore des laïcards pour penser que la laïcité est un outil contre les religions, et de l’autre côté des salafistes qui exploitent l’idée selon laquelle la laïcité serait prétendument tournée contre les musulmans. Il nous faut un vrai débat pour combattre de telles impostures. Par ailleurs, que faisons-nous pour lutter contre la radicalisation dans les prisons, pour prendre en charge les anciens djihadistes qui n’ont jamais mis les pieds en prison, pour lutter contre le trafic d’armes, contre la ghettoïsation, pour surveiller des gens comme Coulibaly une fois sorti de prison ? Il faut davantage de moyens pour surveiller, il faut des évolutions législatives pour procéder à des arbitrages entre la nécessaire protection de notre sécurité et la préservation de nos libertés individuelles… Plus d’un mois après les attentats, rien n’a été commencé.

Pourquoi cet attentisme de François Hollande, selon vous ?

Je pense qu’il a voulu profiter de l’opinion publique, mais que ce n’est pas de cela dont nous avions besoin, car d’autres attentats se produiront. Le peuple français a eu une réaction formidable dans toute la France, il était prêt à se réarmer moralement, mais cela a été gaspillé par le Président.

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