Plan de réduction du budget de la Défense : réaction de Jean-Marie Bockel

Publié le 15 Mai 2014

Selon plusieurs sources, Bercy étudierait actuellement, dans le cadre de sa recherche des 50 milliards d’économies, un plan visant à réduire le budget de la Défense de 1,5 à 2 milliards d’euros sur la période 2015-2017.

Ces orientations budgétaires suscitent plus que jamais de fortes inquiétudes pour l'avenir de nos forces armées. Si la situation économique générale particulièrement tendue oblige à rationaliser l'action de l'État en vue d'un redressement de nos finances publiques, la Défense doit cesser d’être la variable d’ajustement ! D’autant qu’elle a déjà contribué de manière très significative aux restrictions budgétaires, en diminuant le format des armées de 82 000 hommes au total en 10 ans.

Si la situation économique générale particulièrement tendue oblige à rationaliser l'action de l'État en vue d'un redressement de nos finances publiques, la Défense doit cesser d’être la variable d’ajustement ! D’autant qu’elle a déjà contribué de manière très significative aux restrictions budgétaires, en diminuant le format des armées de 82 000 hommes au total en 10 ans.

Ces annonces portent très clairement un coup à la loi de programmation militaire 2014-2019, que le Parlement vient tout juste d’adopter, et ce, alors même que le Président Hollande avait annoncé en mars dernier le maintien des crédits de la Défense sur l’ensemble de la période de programmation.

Dès lors, c’est bien l’équilibre de la LPM qui est en question. A l’heure où 300 à 350 millions de crédits pourraient être annulés cette année, quid des 500 millions annulés en 2013 et que la Défense devait récupérer en 2014 ? Les 6 milliards d'euros de ressources exceptionnelles, garantissant la pérennité de cette LPM jusqu’en 2019, seront-ils par ailleurs au rendez-vous, comme promis lors du vote ? Rien n’est moins sûr en l’état…

Ces nouvelles réductions budgétaires risquent à terme de précipiter le déclassement de notre outil militaire. Celui-ci aurait de graves conséquences, aussi bien sur notre capacité de projection et le maintien en conditions opérationnelles de nos forces armées, que sur notre industrie de défense, véritable réservoir d’emplois et filière d’excellence, participant à la compétitivité de notre économie.

Dans à un monde qui reste instable, comme nous le rappelle quotidiennement l’actualité internationale (Centrafrique, Mali, Ukraine, menaces terroristes dans la bande sahélo-saharienne), et alors que l’Europe de la Défense est encore une utopie, baisser les bras en matière de Défense est un non-sens !

Malgré des réserves, j’avais voté et fait voter au sein du Groupe UDI du Sénat la LPM, dans une démarche de soutien à nos armées, mais aller plus loin aujourd’hui dans les coupes budgétaires serait une absurdité !

C’est pourquoi, j’appelle le Président de la République à assumer ses fonctions de chef des armées et à lever les inquiétudes en réaffirmant la sanctuarisation du budget de la Défense sur la période de programmation 2014-2019. Il en va de notre sécurité et de notre crédibilité sur la scène internationale.

Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin

Rédigé par Section UDI Asnières sur Seine

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